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Histoire de la Yole de Bantry

La préparation de l'expédition

La « Société des Irlandais Unis », organisation politique à l’initiative d’intellectuels protestants, est créée en 1791. Son but : séparer la question politique de la question religieuse et aider les catholiques à obtenir les mêmes droits que les protestants. La propagation rapide de ses idées et l’engagement des catholiques conduisent rapidement à une radicalisation du mouvement, puis à son interdiction et à sa clandestinité. Elle s’oriente vers un mouvement nationaliste, prônant l’insurrection. Ses membres, inspirés par les idées des révolutions française et surtout américaine, rêvent de chasser l’anglais et mettre en place une république. Ils cherchent l’appui de la France. Theobald Wolfe Tone, un de ses fondateur, rentre en contact avec le Directoire, pour demander de l’aide pour lever l’insurrection contre les britanniques. Réfugié à Paris, il harcelle les ministres et finit par nouer un accord de collaboration pour une action militaire. Pour la France, aider l’Irlande à devenir indépendante, c’est occuper les anglais sur un nouveau front, leur ôter les ressources de l’Irlande (main d’œuvre, marins…), et compromettre leur supériorité sur mer.

Pour cela la France prévoit le débarquement d’un corps expéditionnaire de 15 à 25 000 hommes (les sources divergent).  Mais la France est en pleine pénurie, et la Marine française en pleine débâcle. La majorité des officiers, des nobles, ont fui ou ont été persécutés. Les arsenaux sont vides, aussi bien de main d’œuvre que des matériaux nécessaires. Le fer, le bois, les cordages, les toiles, le cuir, les boulets, la poudre et les victuailles se font rares.  Beaucoup de vaisseaux ne sont pas sortis depuis longtemps, et n’ont pas été entretenus.

L'escadre constituée sera placée sous les ordres du Vice-Amiral des armées, le général Villaret-Joyeuse qui assurera le transport du corps d’infanterie, commandé par Hoche. La troupe expéditionnaire, comprend entre autre la légion des Francs (troupe d’élite constituée de fortes têtes de condamnés de droit commun et d’anciens chouans), des recrutés de force, et 700 bagnards, sous les ordres du général Humbert.

Le 5 novembre 1796, Villaret-Joyeuse, en conflit avec Hoche sur l’organisation et la stratégie de l’expédition, est désavoué par le Directoire et remplacé par le Vice-Amiral Morard de Galles. Il embarquera avec Hoche sur la frégate Fraternité, à la tête de la première division.

Mais Hoche attend impatiemment l’arrivée de la division de l’Amiral de Richery, de retour d’une expédition à Terre-Neuve et au Labrador contre les intérêts anglais. Il compte sur elle pour grossir sa flotte. Celle-ci arrive à Rochefort le 5 novembre. A cause du blocus anglais, elle met plus d’un mois à atteindre Brest. Seuls deux vaisseaux, le Révolution et le Pégase, sont en état de reprendre la mer. Ils sont ravitaillés en urgence, en deux jours. L’expédition devait initialement partir en octobre. Ces retards seront la cause première de l’échec de l’expédition.

La flotte comprend 44 navires, dont dix-sept vaisseaux et treize frégates, divisés en trois escadres : l’Avant-Garde, ou 2ème escadre, Le Corps de Bataille, ou 1ère escadre, l’Arrière-Garde, ou 3ème escadre, et une escadre de transports. A celle-ci s’adjoint les 2 vaisseaux et la frégate issues de la Division de Richery. L’expédition doit aussi emmener une artillerie de campagne, et des unités de cavalerie, ainsi que les équipements pour les forces irlandaises qu’ils espéraient soulever. 

Chaque vaisseau porte, en plus de son équipage, 600 soldats. Les frégates portent chacun 250 soldats, et les transports 300 à 450 soldats.

Conformément à la pratique de l’époque, les Chefs d’escadre mettent leurs marques sur une frégate. Le Contre-Amiral Nielly embarque sur la Frégate Résolue, et emmène avec lui sa chaloupe amirale.

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