Golfe du Morbihan
Atlantic Challenge
Défi breton
Fête des voiles rouges

La frégate La Résolue

Commandée par le capitaine de vaisseau Montalant, elle fait partie de l’arrière-garde de l’escadre, et porte la marque du Contre-Amiral Nielly qui commande cette 3ème escadre.

La résolue est une frégate de 134 pieds de long, armée de 26 canons de 12, 6 de 6 et 4 caronades de 36. Elle a été lancée par l’Ingénieur Constructeur Guignace, à Saint-Malo en 1777. Elle accueille pour cette expédition, en sus de son équipage, 250 hommes de troupes, dont 144 hommes du 8ème régiment d’artillerie.

Le 21 décembre, au début de la nuit, la frégate est à proximité de Bere Haven. Dans l'impossibilité de mouiller, Nielly a fait mettre à la cape. A dix heures, après avoir subi des dégâts et avec une mer démontée, la frégate est heurtée par le Redoutable, qui chasse sur ses ancres du fait de la tempête. La Résolue perd tous ses mâts. Au petit matin, elle mouille à deux lieues et demi au Sud de l'île Dursey située à la pointe nord-ouest de la baie de Bantry.

 

Le Contre-Amiral Nielly décide de mettre à l'eau sa chaloupe sous le commandement du Lieutenant Proteau, originaire de l’ile de Groix, pour aller demander une remorque, et des ordres, à la frégate Immortalité. Elle est mouillée à une vingtaine de milles, à la pointe est de Bere Island. A son bord se trouve le Vice-Amiral Bouvet. La yole, par une mer démontée et sous voilure réduite, réussit à gagner au vent, contre les violentes rafales de vent et les embruns glacés que lève la tempête. Peu d'embarcations de bord sont capables d'accomplir un tel exploit. Proteau et ses sept hommes d'équipage, affrontant la furie des éléments, doivent faire côte sur l’Ile de Bere, dans une petite anse sableuse du nom de Clough Beach près de la pointe Est. Une grève appelée encore aujourd'hui par tradition orale "Trâ na bbFrancach", c'est à dire "la plage aux français". Faute de contact, Proteau frappe à une porte mais il est confronté à un refus. Il se dirige avec ses hommes vers le Sud de l'île où ils sont capturés par une milice pro-anglaise commandée par Daniel O'Sullivan de Cooliagh.

Cette milice est irlandaise. Bien que la majorité des irlandais soient contre les anglais, ils les craignent mais craignent aussi les « révolutionnaires français ». Rappelons que la France révolutionnaire est contre l’Eglise (Catholique).

La Résolue, elle, réussira à quitter l’Irlande et rentrer, en remorque du vaisseau Le Pégase.

Richard White, chef des milices garde-côtes pro anglaises, récupère le grand canot de La Résolue, et le fait transporter dans sa propriété, Seafield Park, où il sera conservé durant un siècle et demi, tel un trophée familial. Peut-être le canot a-t-il servi, éventuellement à la pêche. Il sera anobli plus tard.

En 1944, madame Shelswell-White décide de faire don du bateau au musée national d'Irlande. La magnifique embarcation de 38 pieds, à voiles et à avirons, a été miraculeusement conservée par les irlandais. Mais, mal entretenue, elle tombe d’abord dans l’oubli dans les caves du musée.

En 1977, Cyril Chrisholm, un architecte, en fait un premier lever. Redécouverte par le Chasse-Marée en 1985, elle est proposée comme modèle à Lance Lee, de l’Apprentice Shop de Rockport (Maine, USA), à la recherche d’une embarcation emblématique pour organiser une manifestation maritime en l’honneur du centenaire de la Statue de la Liberté. Elle va devenir le modèle des « yoles de Bantry ». Lien vers la page Histoire Atlantic Challenge et Défi Jeune Marin.

Malgré un bon état, compte tenu de son âge, quelques dégâts et manques ont nécessité une restauration récente de qualité. Elle se trouve au National Maritime Museum de Dublin, dans l’ancienne chapelle des mariniers de Dun Laoghaire, l’avant-port de Dublin. Des analyses, notamment sur les peintures utilisées, laissent persister le doute sur les éventuelles modifications qu’elle aurait pu subir lors d’utilisations ultérieures. C'est à présent le plus ancien bateau français existant.